Inter-générationnel : avant tout, la question à traiter est hors de l’entreprise

Les trois générations au travail font parler les consultants, formateurs et journalistes, depuis 2 ou 3 ans. On nous rappelle que les aspirations et les modes de fonctionnement de la génération Y sont très différents de ceux de la génération X et de la génération précédente des « baby boomers ». Elle est plutôt portée sur le zapping comportemental, l’allergie aux règles et à la hiérarchie, etc.

On nous dit qu’il est urgent de favoriser la créativité des uns, la prise de recul des autres ou le goût du travail bien fait d’autres encore. Que, sinon, on se prive d’une synergie inter-générationnelle, voire que l’on se prépare à une cohabitation conflictuelle. On nous dit que les managers ont un rôle majeur à jouer pour permettre la « fertilisation croisée » des différentes générations. Evidemment, l’âge du capitaine n’est pas neutre, et on touche à la question des représentations, qui conditionne tellement les réflexes des uns et des autres.

Quant à moi, j’observe plutôt, avec les entreprises clientes pour qui j’interviens, un enrichissement mutuel des générations, une confrontation productive des habitudes et des envies. C’est pourquoi je pense que l’enjeu est davantage à l’extérieur de l’entreprise : avec les jeunes qui n’arrivent pas à y entrer ou à y trouver un rôle à part entière, avec les seniors qui en ont été « sortis », parfois sans ménagement aucun, et en tous cas sans préparation ni accompagnement, si ce n’est la prestation de reclassement dont l’entreprise se décharge sur un cabinet RH extérieur.

Je lisais récemment que « les baby-boomers s’interrogent sur leur devenir et ont besoin d’être rassurés sur leur place au sein de l’organisation. Ils sont prêts à donner pour recevoir… [alors que] les jeunes raisonnent dans une vision immédiate et privilégient l’expérience à vivre et le partage. Ils sont prêts à recevoir pour donner… (sic !) ». Cette dernière formule me fait rire jaune !!

Et je me dis qu’en effet, à l’extérieur du marché du travail, dans les réseaux dits « sociaux » qui se sont imposés progressivement à toutes les générations, certains travers comportementaux peuvent facilement s’exacerber et conduire à l’une de ces deux stratégies : “inonder, gaver et s’incruster” OU “prélever, pomper, et s’échapper” !! Cette dernière rappellera aux vieux le titre célèbre d’un film « Prends l’oseille et tires-toi ! », sauf que l’oseille se fait rare et que ce sont plutôt les idées, les process ou les contacts qui attirent les prédateurs.

Viadeo, par exemple, et ses extensions dans la vie réelle sous forme de rencontres, soirées, « speed-machin-truc », est trop souvent le théâtre de réflexes de prédateur, d’auto-promotion sans aucun complexe, d’occupation abusive de territoire, d’opérations grossières de liens internet qui ne sont qu’un banal « cheval de Troie », etc.

Peut-être devrions-nous aussi aider les générations, qui ne sont pas ou ne veulent pas être dans l’entreprise, à développer des pratiques comportementales qui produisent des relations et des résultats durables !

Partager sur (Viadeo, Facebook, Twitter, Netvibes, etc.) :
  • Facebook
  • Twitter
  • Google Bookmarks
  • LinkedIn
  • Netvibes
  • Posterous
  • RSS
  • Technorati
  • viadeo FR
  • Wikio FR
Share on Facebook
Post to Google Buzz
Bookmark this on Yahoo Bookmark
Bookmark this on Livedoor Clip
Share on FriendFeed
Share on LinkedIn

Ce contenu a été publié dans Non classé, avec comme mot(s)-clé(s) , , , , , , , , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.