Attirance et rejet pour les consultants

Quand on échange avec ses pairs ou qu’on écoute ses clients, on sent bien cette relation parfois très passionnée avec le monde du conseil. De l’attirance au rejet, il existe toute une gradation incluant la méfiance, l’envie ou la dépendance. Certaines grandes entreprises abusent du recours aux consultants, puis subitement coupent les budgets et ne font plus appel à l’extérieur pendant une période de bouderie. Pas mal de petites entreprises déclarent que les consultants ce n’est pas pour elles, trop cher, trop loin de leurs réalités quotidiennes. Il arrive même que certains consultants changent leur carte de visite pour gommer ces perceptions, par exemple dans un bassin d’emploi ou une région dans laquelle le simple mot « consultant » fait hérisser les poils de patrons de PME.

En revenant au strict sens des mots, jadis le consultant était le patient qui consultait le médecin, par exemple. Le consultant n’est plus le consulté, mais celui à qui on demande un conseil. Alors, pourquoi ne pas l’appeler conseil ? Quant au coach, mot souvent employé à tors et à travers, son job ne consiste pas à conseiller, mais à accompagner, faciliter, éclairer. Pour certains, un consultant serait un expert/sachant/spécialiste qui agit sur un temps plutôt court, alors qu’un coach serait avant tout un entraîneur dont l’intervention se déroule sur une période plus longue ou plus étalée. D’autres disent au contraire que l’intervention est courte et ciblée, le coach étant un expert des processus d’accompagnement, centré sur son client, pas sur ses outils. D’autres encore disent que le coach travaille sur l’avenir de l’individu ou du groupe qu’il accompagne, alors que le consultant se concentre sur le présent, la situation, et comment l’améliorer. Comment s’y retrouver ?

Il existe aussi des experts techniques. En principe, ils ne font pas exactement du conseil, ils apportent des conseils. On les appelle parfois des mentors*. Il y a aussi les formateurs. Que font-ils ? Du simple transfert de compétences techniques, métiers, comportementales ? Et quid de ceux qui prétendent travailler sur le fameux savoir-être** ? Sont-ce des psychothérapeutes, voire des psychanalystes ? Quel rapport avec l’entreprise, s’il s’agit en effet de travailler sur le passé pour le faire resurgir au présent pour soulager, démêler, reconstruire ?

On constate donc une certaine propension à déformer le sens des mots, à faire du ré-habillage sémantique ou tout simplement à créer des mots vides de sens. Et tout ceci n’est pas fait pour faciliter le développement du recours au conseil externe, moins utilisé en France que dans les pays de l’Europe du Nord, à commencer par nos voisins britanniques et allemands. Ne parlons pas de l’explosion des offres de consulting ou coaching pour les particuliers (voir ce texte de l’école “supérieure” de relooking et de conseil en image).

(*) goûtez-vous cette pompeuse définition du mentor ? “Reconnu pour sa grande expérience, ses connaissances et sa sagesse, […] il en infuse le mentoré qui a recours à cette relation afin de puiser dans les ressources du mentor.”
(**) lire un coup de gueule au sujet des mots à la mode, et un autre sur le savoir-être.
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