SOLOMO et coworking : quid du consultant autonome ?

L’acronyme “so.lo.mo.” — pour “social”, “local” et “mobile”, enfin une expression nativement bilingue ! — est un phénomène qui monte en puissance. Ce sera d’ailleurs le thème de la prochaine édition de l’événement international — LeWeb11 —, organisé à Paris début décembre par le célèbre (et controversé) Loïc Le Meur et son épouse. Alors, le consultant est-il mobile ? Souvent ! Social ? Vaut mieux ! Local ? Peut-être ! Mais nul n’est prophète en son pays…

Parmi les invités prestigieux du grand raout techno des Le Meur, le patron de Google, Eric Schmidt, qui lance aux USA son offre GOMO (Go Mobile), afin de récupérer la manne de la pub sur Internet qui passe de plus en plus de l’ordinateur aux mobiles et tablettes.

Mobile donc, le consultant autonome l’est naturellement : il est connecté plutôt depuis un ordinateur portable, même chez lui, pour avoir un équipement utilisable à peu près partout, donc chez ses clients, en déplacement, dans des tiers lieux. Il a aussi généralement un téléphone mobile dit “smartphone”, à savoir communicant, voire une tablette dont l’usage se répand comme une trainée de poudre, pour consulter et traiter ses mails, ses échanges réseaux, des sites web, faire de rapides présentations à des clients ou des contacts réseau.

Quid du local et du social ? Le terme SOLOMO est actuellement surtout employé dans la sphère des consommateurs et du BtoC qui cherche à leur faire acheter des produits ou services. Une enquête Nielsen montre bien en quoi le consommateur numérique est social : il recommande ou déconseille les produits à son réseau, vrais amis proches, faux amis à la sauce Facebook, etc. L’infographie Nielsen montre également en quoi le consommateur numérique est local : prépondérance actuelle de Facebook, consulté depuis la maison, utilisation de Foursquare, souvent “pour se la péter”, ou Groupon, le phénomène de mode en voie d’extinction. Le local semble d’ailleurs à la traîne. L’enquête confirme enfin que le consommateur numérique est mobile, au sens matériel du terme, c’est-à-dire vissé à sa prothèse numérique, avec les effets pervers observés au restaurant par exemple où des couples, familles ou amis surfent au lieu de se parler !

Bien entendu, le professionnel indépendant ne va pas se lancer dans les bons d’achats ou autres réductions dont le consommateur lambda semble assez friand… pour le moment, jusqu’à ce qu’il réalise que le produit ou le service est dégradé, que le rapport qualité/prix est médiocre ou que le prix total au bout du compte sera plus élevé que celui qu’il était prêt à payer au départ. Ce qui intéresse le consultant autonome c’est de développer un réseau notamment local et de (re-)trouver des occasions de socialiser, d’échanger dans la vie réelle, mais aussi d’étendre son réseau en travaillant “les liens faibles”, parfois plus porteurs que “les liens forts”.

Quand on parle de social et de local, on pense à un autre phénomène, non marketing à la base, qui est le développement du “coworking”. Comme le dit cet article de Terrafemina : “cette nouvelle façon de travailler séduit de plus en plus de freelances, d’indépendants ou de jeunes entreprises.  « Il y a un point fondamental qui distingue la notion de coworking des bureaux partagés, insiste Nathanaël Sorin-Richez, responsable de la Cantine, espace de coworking. C’est la mutualisation et la communauté de travail ». Ainsi selon lui, on ne parle pas uniquement de locaux mais bien d’une « communauté qui s’incarne dans un espace ». La notion de coworking recouvre ainsi celle d’un réseau de travailleurs encourageant l’échange et l’ouverture.

Les créateurs, free-lances et autres autonomes ont besoin à la fois de tiers lieux pour se poser, se connecter et travailler, avant de repartir chez eux, leurs clients, leurs partenaires, mais aussi et surtout de cet esprit de coopération, de créativité, de rencontres et de synergies que favorisent les communautés professionnelles qui s’y trouvent, ou le hasard des choses (la sérendipité). Comme le remarque Nathanaël Sorin-Richez, on est loin des tentatives de récupération marketing des centres d’affaires ou des hôtels, comme l’initiative en cours du groupe Novotel !

NB : (re-)voir les billets Travailler partout, se connecter partout : est-ce la fin des luttes de territoires ?Le coworking dans tous ses états !Les collègues sont devenus des coworkers.
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  • Eugénie

    Effectivement, très intéressant d’avoir une description
    précise sur les travailleurs indépendants de plus en plus nombreux et le
    coworking. Mais certains se posent la question sérieusement: arrive-t-on à
    percer réellement sur ce sujet? C’est un peu comme la parité, on en parle
    beaucoup en principe, mais les choses mettent tellement de temps à évoluer
    qu’on se demande si on va vraiment y arriver…

    Plusieurs problèmes se posent: l’acceptation de cette
    pratique par les entreprises, l’outillage et la formation des
    salariés/management à ce mode de collaboration… Egalement, l’offre en terme
    de lieux dédiés au coworking est un facteur limitant – comment bien travailler,
    si aucun lieu ne propose une structure et des services adéquats prêt de chez
    soi?

    Un outil pour trouver ce type de lieux émergent existe en
    version béta: http://www.neo-nomade.com/. Référencement, géolocalisation et
    description détaillée des lieux de télétravail et coworking – cet outil se
    nourrit également des référencements faits par les télétravailleurs et coworker
    eux-mêmes… Avis aux volontaires! :)

    • http://twitter.com/patrick3394 Patrick Rey

      Merci pour ce commentaire et pour le lien vers neo-nomade.com dont je connais l’un des promoteurs. Ce site permet de référencer des tiers lieux très divers, ce qui est utile pour une personne de passage dans une ville et en mode nomade.

      En revanche, pour ce qui est des lieux où se pratiquent le travail coopératif, les échanges créatifs et des nouvelles pratiques professionnelles, la majorité des adresses indiquées ne répond pas à cette attente. Et je suis d’accord avec vous pour dire que « les pratiques des entreprises, les outils et habitudes des coworkers et surtout l’offre de lieux et services posent problème ».

      C’est pourquoi, je notais les tentatives de récupération d’opérateurs venus d’un métier bien différent et qui souvent n’ont rien compris aux enjeux du coworking !