Le “Qui sommes-nous ?” des sites de créateurs

C’est un incontournable, parce qu’intégré dans la maquette d’un site prêt-à-publier, ou réflexe automatique du créateur qui veut copier-coller sa plaquette sur laquelle il a passé beaucoup de temps. Mais, qu’y-a-t-il derrière ?

Souvent, une seule personne se présente, ce qui la fait basculer dans le “nous royal”, également appelé le “nous-Alain-Delon” ! Parfois, personne ne se présente en clair et la page du site se contente de généralités du style “notre équipe est composée de professionnels/spécialistes/experts/consultants”, etc. Quand on est consultant autonome, vraiment professionnel dans son domaine, il est évidemment plus simple — et plus payant à terme — de se présenter ès-qualité, puisque les prestations sont naturellement “intuitu personae”.

Ces temps-ci, un site fait beaucoup de pub, du moins à destination des seniors (à partir de quel âge ?) : Quintonic.fr. Se présentant comme le site communautaire des 50 ans et plus, comme beaucoup de nouveau réseaux dits sociaux/plateformes dites communautaires et autres initiatives marketing de la même veine, on ne voit pas d’emblée où ils veulent en venir. Alors, il faut chercher un peu, si le sujet intéresse. Sinon, le comportement de l’internaute lambda sera typiquement soit celui du zappeur qui passe son chemin, soit celui du cliqueur précoce, toujours à l’affut de la nouveauté, y compris au risque de le regretter ensuite, notamment quand il a refilé “une info qui craint” à ses “amis” sur FB, Twitter et autres.

Alors, je clique, tout en bas de la page d’accueil de Quintonic, sur la question “qui sommes-nous ?”. Et là, surprise, aucune réponse n’est apportée ! L’éditeur du site se contente de décrire les grandes lignes du service proposé aux 50 ans et plus : une simple fiche produit ! Il faut chercher dans les “conditions générales d’utilisation” (quel rapport ?) pour découvrir qui est à l’origine du site : France Loisirs. Numéro deux de la distribution de livres en France, la célèbre enseigne est une marque du groupe Actissia (ex-DirectGroup), acquis par le fonds américain Najafi Companies. Mais, quel est son “business model”, comme on dit ? Réponse dans l’article “Quintonic, le premier réseau social senior”. On voit bien la stratégie du type “tu vas payer sans t’en apercevoir”, consistant à se faire une base de données pour ensuite valoriser son service auprès d’annonceurs, de distributeurs de produits qui vont fleurir sur le site dans un second temps.

Même si les contextes sont bien différents, entre la société commerciale avec pignon sur rue et le professionnel autonome qui ne sait pas toujours comment se présenter sur le web, je vois un point commun : la volonté d’arranger la réalité, d’avancer masqué. On nous dit qu’il faut raconter une histoire (“story telling”, ça fait tellement mieux !), mais ça ne veut pas dire (se) raconter des histoires.

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