La création est-elle une nouvelle association d’éléments existants ?

Avoir une idée soudainement, une mélodie ou quelques notes, pour un musicien, un début de phrase pour un parolier, est-ce un phénomène de génération spontanée ? Quand on a vu le film Amadeus, on se persuaderait presque de l’inspiration divine, si on était croyant, devant une telle créativité et perfection musicale. Mais, très peu de gens sont à ce niveau. Au fond, c’est peut-être un processus par lequel un individu (ou un groupe) associe de manière originale des éléments qui existent déjà, comme le dit un article de Wikipedia ; et lorsque la solution nouvelle apparait alors qu’on cherchait autre chose, on l’appelle sérendipité.

La plupart d’entre-nous cherche une idée, écoute des signaux forts ou repère des signaux faibles. Tout ceci est un continuum : se documenter, lire, poser des questions, chercher des approfondissements, des gens qui ont déjà développé des produits/services/idées sur la question, et non pas la « problématique », ce mot creux à la mode (1).

stock-photo-1164742-rubber-stamp-original.15181Une discussion récente sur Viadeo, titrée “Le plagiat : un outil pédagogique méprisé” a provoqué quelques commentaires, puisque le terme “plagiat” était sans doute employé pour stimuler la discussion. Entre originalité absolue d’une œuvre qui n’existait pas auparavant et plagiat pur et simple, n’y a-t-il pas différentes gradations ? Il existe une marge importante entre les différents mots et il est bon, je crois, de choisir le bon. Quelques suggestions à affiner, commenter…

s’inspirer : HP dit dans sa pub radio que ses ultrabooks sont inspirés par Intel, perfectionnés par HP, alors qu’ils sont tous inspirés du MacBook Air, sorti il y a bientôt 5 ans ; au départ, c’est donc du plagiat par Intel ; consciemment ou non, nous nous inspirons forcément de quelque chose, de quelqu’un, d’un souvenir stocké quelque part dans notre cerveau.

citer : Microsoft cherche à montrer que les PC sous Windows sont préférables aux Mac, que sa tablette est meilleure que celle d’Apple, en tentant de suivre les innovations d’Apple, après avoir si longtemps « photocopié » la Pomme ; dans nos domaines du conseil, de la formation, etc., quand on cite un propos, il faut absolument dire qui on cite, et ajouter quelque chose de nouveau, au moins un commentaire ; c’est à la fois intéressant car on améliore le référencement respectif et on apporte du contenu, donc une valeur ajoutée, comme consultant.

imiter : c’est le lot des suivants sur le marché ; tout le monde fait ça, les modes s’installent et passent (2) ; les premiers entrés ont une avance indéniable, s’ils font bien leur travail ; il arrive que des élèves imitateurs dépassent leurs maîtres, comme ce fut le cas d’Internet Explorer qui a tué Netscape, lequel est reparti sous la forme de Firefox, avec des bouts d’ADN retrouvés par la fondation Mozilla, avant de décliner sous la poussée de Chrome lancé par Google, maître absolu ès-suceur de sang qui profite de la nullité des patrons de presse et de l’illettrisme informatique de la majorité des internautes pour étendre ses tentacules venimeuses sur toute la pub, la connaissance, l’information, etc.

copier : bouh ! c’est mal ! Surtout si on fait du copier-coller servile, venant de sources multiples, pour aboutir à un cocktail imbuvable ; mais, il y a des plus malins, plus tenaces, comme Microsoft qui a su développer son système Windows et mettre la pâtée au Mac OS au milieu des années 90.

plagier : citons par exemple PPDA qui a « oublié » de ré-écrire ses « notes de travail », avant d’envoyer son manuscrit, et les nombreux pompeurs du web que l’on voit un peu partout.

Alors, dans tout ça, où est l’originalité absolue ? Existe-t-elle ? Il y a le génie créateur, l’esprit original, le personnage original, la pensée originale. Original pour originel ou bizarre, particulier, inattendu ? Qui “paraît inventé, imaginé sans aucun souvenir qui précède”, comme le dit un autre article de Wikipedia ? Mozart, quand tu nous tiens !!

(1) Problème, question, enjeu, difficulté, sont souvent bien plus justes que problématique. (lire ou relire le billet “Comment adresser la problématique avec le savoir-être du facilitateur
 
(2) Johnny Halliday a imité les rockers américains pour devenir « l’idole des jeunes », puis il a surfé sur toutes les modes, en s’attachant le concours d’artistes véritablement créatifs. Ce faisant, il est quand-même devenu un artiste interprète avec un vrai talent. Un peu le Drucker de la chanson : il dure parce qu’il tient, il tient parce qu’il dure.

 

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